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13 avril 2007
Vatican II aujourd'hui?
Le professeur à l’Université Laval Gilles Routhier a offert une rencontre privilégiée aux jeunes présents le 11 avril dernier, au Centre Québec Ixthus. Ceux-ci ont pu faire le point sur l’événement du siècle, pour l’Église : le concile Vatican II.
Le 25 janvier 1959, l’appel de Jean XXIII surprenait le monde entier, à commencer par sa propre curie, en annonçant une démarche conciliaire qui promettait de profonds renversements de mentalité. Au-delà des conclusions du concile - six ans après l’appel du pape -, la manière de vivre le processus a marqué l’histoire…
Trois grands axes avant-gardistes ont orienté le travail des Pères, tous énoncés dans le discours d’ouverture de la première session, par le Saint Père. Tout d’abord, ne pas simplement répéter la doctrine, déjà énoncée, développée, connue. Ensuite, porter attention à la manière de promouvoir cette doctrine, c’est-à-dire la présenter d’une façon qui réponde aux exigences de notre époque. Enfin, contrairement à la tradition conciliaire, ne pas produire des listes de condamnations, mais des documents pastoraux, ancrés dans la miséricorde.
C’est d’ailleurs ce que soulignait le pape Paul VI à la sortie du concile : « On pourra dire que durant ces quatre années, l’Église a aimé ».
Selon M. Routhier, des changements si radicaux ont entraîné une déstructuration nécessaire de l’Église, avant sa restructuration. Or, la vague culturelle identitaire qui a bouillonné en Occident a frappé l’Église lors de cette étape cruciale. Les études démontrent que la crise (diminution du nombre de prêtres, baisse de la pratique religieuse, etc.) avait commencé dès les années 30, mouvement ralenti par le babyboom. Il serait donc simpliste d’accuser Vatican II d’avoir causé ce phénomène social…
Au contraire, devant tous les bouleversements sociaux, on peut se demander de quoi l’Église aurait-elle eu l’air si elle n’avait pas réfléchi, lors du concile, à la liberté religieuse? À l’engagement social? À l’œcuménisme? Elle aurait certainement été moins bien équipée pour faire face à la crise, pour entrer en dialogue avec une culture en transformation.
Pour le professeur, Vatican II est loin de représenter un événement du passé, déjà dépassé, qui ne correspond plus aux préoccupations du nouveau millénaire. Au contraire… Les préoccupations de Jean XXIII, Paul VI et de tous les artisans du processus conciliaire demeurent un puissant et pertinent appel prophétique.
V.R.D. |
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