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Saints du Canada

Bienheureuse Marie-Léonie Paradis

 Élodie Paradis, alias Marie-Léonie, est née le 12 mai 1840 dans le village de l'Acadie, Québec (Canada). Elle était la troisième enfant et la seule fille d'une famille de six dont quatre parviendront à l'âge adulte.

Sa famille, comme toutes celles de l'époque, était très croyante. Ainsi, lorsque sa mère perdait son dé à coudre, elle demandait à sa famille d'aller prier la Sainte Vierge jusqu'à ce qu'elle le trouve, ce qui n'était, paraît-il, pas bien long.

Quand vint le temps d'envoyer Élodie à l'école, sa mère choisit pour elle le couvent des soeurs de la Congrégation de Notre-Dame, où elle sera pensionnaire alors qu'elle a neuf ans.

Mais l'absence de cette enfant ennuie beaucoup son père et il cherche tous les prétextes excuses possibles pour aller voir sa fille. Et à chaque fois, il la ramène à la maison. Mais sa mère demande toujours à son mari de la reconduire au couvent le lendemain. Ce manège se prolonge quelques semaines, jusqu'à ce qu'Élodie réalise que ces escapades sont inutiles.

Le 21 février 1854, Élodie demande à s'engager dans la communauté des soeurs de Sainte-Croix. Mais lorsque son père revient de Californie, où il s'était rendu avec des chercheurs d'or afin d'y fortune, et qu'il apprend cette nouvelle, il jure de sortir sa fille de cet endroit.

Il s'y rend donc, mais il a beau insister, Élodie ne veut pas quitter les soeurs. Elle court à la chapelle pour prier la Sainte Vierge pour que son père abandonne cette idée. Elle est tellement inquiète et émue qu'elle en fait une hémorragie pulmonaire. Son père renonce alors à la faire céder.

14 ans, elle devient officiellement religieuse et prononce ses voeux le 22 août 1857. Elle a 17 ans, son premier poste de travail sera à Varennes, où elle enseigne au Sanctuaire de Sainte-Croix.En quatre ans, elle fera ce travail dans trois couvents.

Le 31 mai 1880, la communauté des Petites Soeurs de la Sainte- Famille, que Mère Marie-Léonie a fondée, est enfin reconnue. Et en 1895, elle déménage de l'Acadie à Sherbrooke. Elles sont 90 soeurs à en faire partie. Neuf ans plus tard, elles seront 400, dans 26 missions, réparties en 13 diocèses.

Le 3 mai 1912, après avoir mangé son repas du soir, elle monte à sa chambre. Quelques heures plus tard, une soeur va la voir et se rend compte qu'elle est mourante. Alors que le prêtre lui donne l'extrême-onction, Mère Marie-Léonie s'éteint à l'âge de 72 ans.

Grâce à plusieurs miracles qu'elle a faits de son vivant, telles des guérisons inexpliquées, Marie-Léonie a été déclarée d'abord soeur vénérable, en 1981, puis bienheureuse, 72 ans après sa mort, par le Saint-Père Jean-Paul II lui-même, au parc Jarry, à Montréal.

Si une autre guérison miraculeuse peut être prouvée comme étant vraiment un fait inexpliqué, elle sera déclarée Sainte à Rome par le Pape. Si vous voulez en savoir plus sur Mère Marie-Léonie, vous pouvez aller au centre Marie-Léonie-Paradis, qui se trouve au 1820 Galt Ouest.

Je vous le recommande vivement, car c'est un endroit fascinant si l'on s'intéresse à la vie religieuse. Vous pourrez y voir diverses choses ayant appartenu à cette grande femme, ainsi que son nouveau tombeau, dans lequel ses ossements, recouverts d'une statue de cire à son effigie, reposent, de plus que son coeur, encore intact lorsqu'on l'a exhumée pour la reconstitution de son corps. À voir absolument.