Bienheureux Frère André Le fondateur: Le Frère André
Au départ, rien ne laissait présager que le frère André, dont les capacités humaines paraissaient si limitées, deviendrait le Québécois le plus connu et le plus aimé de son temps. Il s'appelait Alfred Bessette et il était né en 1845, à Saint-Grégoire, petite municipalité située à quelque 40 kilomètres à l'est de Montréal. Sa famille était pauvre, comme celle des paysanscanadiens-français de l'époque: son père travaillait le bois et sa mère, qui mit au monde dix enfants, s'occupait d'éduquer sa famille. Alfred devint orphelin alors qu'il n'avait que 12 ans. Il entreprit alors l'exercice de divers métiers sans qu'aucun ne puisse orienter son avenir. À 20 ans, il décida, à l'instar de plusieurs autres Canadiens de cette époque, de tenter sa chance aux États-Unis, dans les usines de Nouvelle-Angleterre. Il revint à son pays natal en 1867, l'année de la nouvelle fédération canadienne. Il reçut alors la charge de portier du collège Notre-Dame. Il y demeura 40 ans, en même temps qu'il s'occupait à diverses autres tâches au service de la communauté. Le curé de sa paroisse, l'abbé André Provençal, avait depuis longtemps remarqué la piété du jeune homme. Il le présenta donc aux religieux de la Congrégation de Sainte-Croix, à Montréal, où, malgré sa faible santé et son instruction très limitée, en décembre 1870, il fut accepté et le jeune Alfred devint le frère André. Sa grande confiance en saint Joseph l'incita à recommander sa dévotion à ceux qui souffraient de divers maux. Plusieurs étaient guéris et disaient leurs demandes exaucées. Il entreprit, en 1904, de construire une chapelle sur le flanc de la montagne, en face du collège, pour que saint Joseph y soit honoré. Des malades et des infirmes proclamaient à haute voix leur guérison. La réputation du frère André grandit et on le surnomma le thaumaturge du Mont-Royal. Il dut affronter les sarcasmes et les attaques de plusieurs adversaires; mais l'appui populaire, soutenu par celui de l'Église diocésaine et accompagné de guérisons qui demeuraient inexpliquées, fut plus fort que le doute et la critique. Au milieu de la controverse autant que de la gloire, le frère André mena une vie de pauvreté, d'humilité et de compassion constante. Pour tous ses visiteurs, il était un saint qui transmettait aux croyants l'image d'un Dieu d'amour pour les plus démunis et les plus souffrants. Sa relation intime avec saint Joseph inspirait sa vie et l'incitait à le faire connaître et aimer de ses visiteurs. Il se défendait bien de faire des miracles mais reconnaissait que son intervention auprès de saint Joseph pouvait susciter de grandes faveurs chez ceux qui priaient le père nourricier de Jésus. À sa mort, le 6 janvier 1937, un million de personnes défilèrent devant son cercueil. Il fut béatifié par le pape Jean-Paul II, à Rome, le 23 mai 1982. Il demeure honoré par des millions de personnes dans le monde. |