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Saints du Canada

Portail médias du 49e Congrès eucharistique international 2008

cause : Catherine de Hueck Doherty

Catherine Kolyschkine naît le 15 août 1896 près de Nijni-Novgorod en Russie. Elle est baptisée dans l'Église orthodoxe russe à Saint-Pétersbourg. À 12 ans, elle s'offre comme âme victime pour les prêtres; elle le sera jusqu'à sa mort. En 1912, elle épouse son cousin germain Boris de Hueck. Pendant la Première Guerre mondiale, elle travaille comme infirmière pour la Croix-Rouge. En 1918, durant la Révolution bolchevique, elle est condamnée à mourir de faim; elle promet à Dieu de se consacrer à lui si elle s'en sort. En 1919, elle s'enfuit en Angleterre et passe à l'Église catholique romaine.

Avec son mari, Catherine arrive au Canada en 1921, enceinte de son fils George, qui vient au monde le 17 juillet. Son mari ne peut la faire vivre à cause d'une santé affaiblie par les gaz durant la guerre. Elle doit subvenir aux besoins de la famille. Elle finit pas gagner beaucoup d'argent en donnant des conférences pour une compagnie.

Rappel de la promesse

Le souvenir de la parole donnée vient alors remuer sa conscience. Elle va se laisser convaincre et conduire par Jésus, avançant, reculant, jamais satisfaite, toujours à la limite d'elle-même, en quête du désir que Dieu porte sur elle. Elle consent graduellement à la pauvreté totale, dont saint François lui avait donné le désir à 12 ans, alors qu'elle fréquentait une école catholique en Égypte. Elle commence à chercher à vivre le radicalisme de l'Évangile, jusqu'à l'amour des ennemis dans lequel l'a formée sa foi orthodoxe d'origine.

En 1930, Catherine commence son apostolat parmi les pauvres à Toronto, et elle fonde la Maison de l'Amitié (Friendship House). Les hommes et les femmes qui travaillent avec elle s'engagent à former une communauté. Mais en 1936, des prêtres torontois obtiennent la fermeture de son oeuvre, qui pourtant ne cherche qu'à soulager les pauvres des suites de la crise économique. Elle s'en va en Espagne couvrir la guerre civile pour un journal américain. Puis, en 1938, elle va vivre avec les Noirs à Harlem, New York, et commence une lutte acharnée pour la justice interraciale. Elle connaît tous les rejets. En 1943, son mariage avec Boris de Hueck est annulé et elle épouse Eddie Doherty, un journaliste américain célèbre, qui abandonne tout pour vivre avec elle ce à quoi Dieu l'appelle.

Fondation de Madonna House

Le 17 mai 1947, Catherine arrive à Combermere, Ontario, et fonde Madonna House. La communauté se développe bien, tout en vivant dans la plus grande pauvreté. Encore aujourd'hui, les toilettes extérieures, la vétusté des installations de plomberie, d'électricité et de téléphone, les automobiles usagées, la simplicité des repas, témoignent d’une volonté ferme d'apprendre la pauvreté par l'expérience plutôt que par de savants doctorats.

Des hommes et des femmes viennent la rejoindre. En 1952, un premier prêtre se joint à Madonna House, le Père John Thomas Callahan. D'autres suivront. En 1958, naît la structure des prêtres associés. En 1955, Catherine et Eddie font un vœu perpétuel de célibat et, en 1969, Eddie est ordonné prêtre selon le rite melkite, qui est reconnu par l'Église catholique. Il meurt en 1975.

La montée mystique

En 1952, Catherine se consacre à Marie selon la méthode de Louis de Montfort. À partir de ce jour, sa vie mystique s'approfondit considérablement. Elle gère avec d’autres l'Apostolat laïque qu'elle a fondé et qui devient un centre de formation pour envoyer des membres en mission dans les pays pauvres.

Dans cette gestion, elle privilégie une constante union à un Dieu de miséricorde et ce, toujours dans le moment présent; elle favorise un mode de vie d'une grande pauvreté, et donne la priorité à l'amour mutuel entre les membres qui apprennent à s'aimer en suivant le Crucifié vers sa résurrection dans le Cœur du Père. En 1978, l 'évêque de Pembroke reconnaît la communauté comme une institution de l'Église catholique, composée d'hommes, de femmes et de prêtres.

À partir de 1977, Catherine enregistre ses pensées sur des cassettes que quelques membres de Madonna House transforment bientôt en livres et dont quelques-uns deviennent rapidement des livres à succès, comme Poustinia qui, traduit en plusieurs langues, génère un véritable mouvement de retour à la prière du cœur. Dans la foulée de Vatican II, Catherine redonne aux chrétiens la place de la prière dans leur vie et dans leur propre coeur. Elle propose l'aménagement d'un espace de silence sinon dans un désert physique, du moins dans un temps d'arrêt, voire dans la simple descente au fond du cœur au beau milieu des affaires de ce monde.

L'héritage spirituel

Catherine a connu l'union mystique avec le Christ dans la pauvreté d'un taudis de Toronto. À Combermere, elle a fondé un Apostolat laïque où elle a approfondi le mystère pascal de son union à l'Amour et créé un espace pour que d'autres apprennent à goûter la même joie infinie de la Croix, dans la communion au Crucifié Rédempteur, fondement de toute espérance pour ce temps de désordre qu'est le nôtre.

Catherine meurt à Combermere le 14 décembre 1985, après quatre ans d'une douloureuse maladie. Ces quatre années permettent à la relève de s'ajuster à la gérance de l'oeuvre de Catherine ainsi qu'à la transmission de son message spirituel spécifique qui réside dans la foi à la Croix glorieuse. En 1996, c'est l’ouverture de la cause de béatification de Catherine. Madonna House regroupe alors 200 membres dans 20 pays et 100 prêtres associés.

Émile-Marie Brière