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Portail médias du 49e Congrès eucharistique international 2008

Cause : Marie Fitzbach

 Originaire du Luxembourg, son père, Charles Fitzbach, s'établit à Saint-Vallier, Québec. Il épouse Geneviève Nadeau, de Saint-Michel. Huit enfants naissent de cette union dont Marie-Josephte, la septième, le 16 octobre 1806. Dotée d'une vive intelligence, Marie souffre de son ignorance. Sa mère lui enseigne les prières et le catéchisme et, dès sa première communion à 11 ans, elle a soif de Dieu et rêve d'une existence toute livrée à l'amour de Dieu et du prochain.

Des événements déroutants

Âgée à peine de 13 ans, Marie va travailler à Québec. Après trois ans de service chez une dame, elle trouve un emploi dans la famille François-Xavier Roy , marchand. Tout en assumant l'intendance de la maison, le soin des deux enfants et l'aide au commerce, elle prend des cours de français, d'écriture et de comptabilité. Souvent, on la retrouve en prière à l'église Notre-Dame-de-Québec. Elle frappe à la porte des Augustines, puis des Ursulines, mais en vain. L'heure de Dieu n'a pas encore sonné. La mort prématurée de Madame Roy inverse le cours de la vie de Marie. Désemparé, monsieur Roy liquide son commerce et se retire à Cap Santé avec ses enfants.

Marie cherche un nouvel emploi tout en conservant dans son coeur l'espérance de se consacrer à Dieu et aux oeuvres de charité. Elle a 21 ans. Monsieur Roy lui propose le mariage. Perplexe, la jeune fille consulte, puis accepte. Devenue madame Roy, Marie accueille les pauvres, soulage les misères, enseigne le catéchisme aux enfants. La naissance de trois filles comble le foyer Roy. Hélas, cinq années ne sont pas écoulées que la mort lui ravit son époux. La famille Roy réclame la garde des deux enfants issus du premier mariage, avec la plus grande part de l'héritage paternel. Marie se retrouve seule, moins fortunée, avec ses trois filles âgées de quatre, trois et deux ans. Dorénavant, elle partage son temps entre la prière, l'éducation de ses filles et les oeuvres de charité. Elle a 26 ans.

En visite pastorale à Cap-Santé, l'archevêque de Québec est accompagné du curé de Saint-Gervais, à la recherche d'une gouvernante. Marie offre ses services. Elle vend sa propriété, place ses trois filles au pensionnat et prend la charge du presbytère. Accidentellement, le curé se noie. À la nomination d'un nouveau pasteur, elle quitte les lieux. Marie a 37 ans. Ses filles, Séraphine et Célina poursuivent leurs études à Québec. Clorinde, la cadette, demeurée avec sa mère, est emportée par la maladie à l'âge de quatorze ans. Leurs études terminées, ses filles annoncent leur entrée au noviciat chez les Soeurs de la Charité, en voie de s'établir à Québec, en 1849. Ne pouvant être admise avec elles au noviciat Marie partage leur toit à titre de « dame pensionnaire ».

L'heure de Dieu...

S'amorce alors la phase ultime du projet de Dieu sur Marie. Lors d'une visite aux femmes détenues à la prison de Québec, George-Manly Muir, avocat, les encourage à reprendre leur vie en main. Stupéfait de s'entendre dire: « Que voulez-vous, quand nous sortons de prison, nous sommes sans ressources et personne ne veut nous recevoir », il s'adresse à l'archevêque qui pense immédiatement à Marie-Josephte Fitzbach, dont la réputation de bonté, de dévouement et de miséricorde est connue.

Une telle demande ébranle madame Roy qui murmure: « Ô mon Dieu, se peut-il que vous exigiez de moi un tel sacrifice ? » Elle consulte ses filles novices et, dans un oui sans retour, elle accepte. Le 11 janvier 1850, Marie quitte sa chambre, chez les Soeurs de la Charité de Québec, va partager son amour, sa bonté et sa miséricorde avec les femmes qui sortent de prison. Accompagnée de Mary Keogh, elle se rend à l'Asile Sainte-Madeleine, mis à sa disposition par la société Saint-Vincent de Paul, au 67 de la rue Richelieu. Elle a 43 ans.

Le Bon-Pasteur de Québec

C'est ainsi que, le 12 janvier 1850, s'implante dans la ville de Québec, une oeuvre de miséricorde destinée aux femmes blessées dans leur dignité. Ce jour-là, la première brebis, non rassurante, entre à l'Asile Sainte-Madeleine. Le soir venu, saisies de frayeur à la pensée de dormir tout près de cette étrangère, les deux femmes s'apaisent auprès de Dieu. « Mon Dieu, que ferons-nous, dit Mary Keogh, si cette misérable veut nous tuer ? » L'attitude calme et confiante de Marie Fitzbach rassure sa compagne.

Marie alimente sa ferveur apostolique dans le coeur miséricordieux de Jésus, bon pasteur, qu'elle affectionne particulièrement dans l'Eucharistie. À la flamme de ce foyer allumé, sa « tenue de service » communique bonté d'âme, tendresse de coeur et miséricorde, sans discrimination.

L'Esprit de Dieu trace un nouveau passage à Marie. Après une longue préparation avec les Jésuites, le 2 février 1856, madame Roy devient Mère Marie-du-Sacré-Coeur, première supérieure d'une nouvelle Congrégation appelée Servantes du Coeur Immaculé de Marie dites Soeurs du Bon-Pasteur de Québec.

Toute sa vie, son amour pour la Vierge Marie imprègne son quotidien d'une grande liberté de pensée et d'action. Avant sa mort, elle résume sa vie aux soeurs de la communauté « J'ai toujours aimé le bon Dieu de tout mon coeur et mon plus grand désir fut de le faire aimer. » Avant d'expirer, elle dit: « Il ne me reste plus qu'à mourir! Que c'est beau le ciel! Oh! que le ciel est beau! » C'est le 1er septembre 1885. Marie a 78 ans.

Un périple d'espérance

Au décès de la fondatrice, la communauté compte 172 soeurs. Aujourd'hui, fidèles à sa consigne: « Que la plus intime cordialité soit toujours la règle de vos pensées et de vos actions », les soeurs continuent de vivre le charisme de miséricorde au Québec, aux États-Unis, au Lesotho, en Afrique du Sud, à Haïti, au Brésil, au Rwanda.

La cause de béatification de Marie-Josephte Fitzbach est introduite à Rome depuis 1994. Le 9 mai 2000, le comité des historiens déposait son rapport avec le vote positif sur la vie et la renommée de sainteté de la fondatrice. Dans la conclusion de la Positio sur les vertus et la renommée de sainteté de Marie Fitzbach, soeur Marguerite Jean écrit: « Marie Fitzbach a beaucoup à dire à l'Église et à la société de notre temps et de demain. En ces temps modernes où la femme est souvent exploitée, ouvertement ou de façon subtile, et les jeunes soumis à des pressions de tous ordres qui compromettent leur propre avenir et même l'avenir de la société, la cause de béatification s'avère d'une grande actualité. »

Denise Rodrigue, s.c.i.m.