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Portail médias du 49e Congrès eucharistique international 2008

Cause : Théophanius-Léo

Frère Théophanius-Léo (Adolphe Chatillon)

Adolphe Chatillon est né à Nicolet, au Québec, le 31 octobre 1871. Il a grandi au sein d'une famille foncièrement chrétienne qui donna à l'Église un prêtre séculier, un Oblat de Marie-Immaculée et un Frère des Écoles Chrétiennes.

À la suite de la mort de sa mère, alors qu'il avait neuf ans, il fut mis en pension chez les Frères des Écoles Chrétiennes de la Baie-du-Febvre et de Yamachiche.  S'il possédait les belles qualités de coeur de sa maman, il avait hérité de son père une certaine vivacité de caractère qui lui fournissait maintes occasions de s'humilier avant de devenir l'imitateur de Celui qui est « doux et humble de coeur ».

Cet adolescent au coeur bon et généreux se présenta au Petit-Noviciat de Montréal le 6 février 1884.  Le 26 juillet 1887, il prenait la soutane et recevait un nouveau nom;  désormais il sera le Frère Théophanius-Léo.  Noms bien symboliques pour lui : Théophanius (qui montre Dieu) et Léo (courage de lion).

Professeur soucieux

Les talents et le dévouement du jeune professeur ne tardèrent pas à attirer l'attention de ses Supérieurs qui lui confièrent une classe au Petit-Noviciat. Son maintien et son profond esprit religieux n'étaient pas sans édifier ces jeunes qui trouvèrent en lui le maître idéal et les vertus pouvant servir de base à leur propre formation religieuse.

Il s'ingéniait à rendre son enseignement le plus vivant possible.  Par ses questions et ses réponses, il se rendait compte si sa leçon était comprise.  Il s'attardait davantage avec ceux qui avaient quelques difficultés.

Pour ce qui est du catéchisme, il y mettait toute son âme; la méthode active maintenait l'intérêt général jusqu'au bout.  Un juvéniste se rappelle avec plaisir les catéchismes si clairs, si nourris de doctrine, qu'il donna sur les dons du Saint-Esprit et la dévotion au Sacré-Coeur:  « Lorsqu'il annonçait, la veille des fêtes de Marie, un catéchisme sur la Très Sainte Vierge, nous avions peine à retenir nos applaudissements. »

Son amour des jeunes

À Lachine, en 1904, l'année scolaire étant déjà commencée depuis quatre mois, Frère Théophanius fut appelé à remplacer le directeur, qui jouissait d'un bon ascendant auprès du personnel enseignant et des élèves.  Ce fut pour lui une situation fort délicate, mais son doigté triompha de cette difficulté.  Il prit sa nouvelle charge à coeur et donna à chacun des élèves un grand intérêt.

Parmi les vertus pratiquées par Frère Théophanius, la bonté semble avoir été l'inclination de son grand coeur.  Il avait d'ailleurs pris comme devise : «Rendre heureux pour rendre meilleur».

En 1907, il. recevait une autre obédience pour diriger l'école Sainte-Cunégonde, à Montréal.  Dès le début de l'année, il manifesta enthousiasme et dévouement pour les jeunes.  Sa simplicité et son affabilité lui gagnaient tous les coeurs.

Trois mois après son arrivée à l'école Sainte-Cunégonde, une grave maladie terrassa le bon Frère;  autour de lui on pensa qu'il allait mourir.  Sa réputation de sainteté le rendait tellement attachant qu'on supplia le ciel de lui accorder la guérison.  Effectivement il se remit, mais il dut s'éloigner de ceux qu'il chérissait et se soumettre à une longue convalescence.

Formation de jeunes religieux

Frère Théophanius occupa sa convalescence à donner quelques leçons de chant et de liturgie aux novices.  Réalisa-t-il qu'en accomplissant ce travail bénévole il se préparait à assumer la direction du Noviciat?  Quand il reçut l'obédience, il en fut quand même atterré tellement cette responsabilité lui semblait lourde.  Mais il se mit résolument à l'oeuvre et s'efforça de faire de sa charge de maître des novices un véritable succès.

« Ma mission auprès de ces jeunes est de les aider à se former; je suis ici pour leur montrer comment faire;  mon rôle est de les amener à agir par eux-mêmes et sans aide, aussitôt que possible. » « Au cours de votre noviciat, disait-il aux jeunes, une idée forte, chargée de toutes les énergies de votre âme, doit vous dominer;  la voici : je veux être l'ami de Jésus, l'enfant de Marie et le héros des âmes. »  Tout en lui était prédication parce que l'harmonie était parfaite entre ses paroles et ses actions.

Malade édifiant

En novembre 1928, Frère Théophanius assista en Belgique au Chapitre général de sa communauté comme président de la commission chargée d'étudier l'observance des Règles.  En raison d'un cancer de l'intestin qui le minait sourdement, il éprouva une grande fatigue.  On le conduisit à Paris pour y subir une sérieuse intervention qui cependant n'obtint pas le résultat espéré.

Au début de mars 1929, il se sentait assez bien pour entreprendre la traversée de l'Océan avec l'aide d'un bon infirmier et revenir à son cher «Mont-De-La-Salle».

Pendant tout le temps que dura sa maladie, il fut un patient très édifiant.  0n accourait auprès de son lit comme en pèlerinage.  Si bien que sa chambre était transformée en oratoire et que l'on en sortait meilleur.  On peut dire qu'il s'est éteint comme ravi en extase, les yeux fixant un coin du ciel. C'était le dimanche 28 avril 1929.

Son rayonnement

Depuis le décès de Frère Théophanius, plusieurs personnes ont été l'objet de faveurs dont quelques-unes pourraient être examinées en vue d'un procès canonique.  Frère Théophanius-Léo a vécu plus de la moitié de sa vie avec la jeunesse : les jeunes semblent être les heureux bénéficiaires de son crédit auprès de Dieu.

Le procès diocésain en vue d'introduire sa cause à Rome s'est terminé le 31 mars 1990.  La « Positio », document de base qui servira à démontrer l'héroïcité de ses vertus, est maintenant prête à être présentée à la Congrégation des Saints.  Que Dieu nous obtienne, par l'intercession de son serviteur Théophanius-Léo, un miracle qui hâterait sa béatification.

Gérard Champagne, f.é.c.

Bibliographie :

FRÈRE MELDAS-CYRILLE, é.c., Rendre heureux, 1942.
GÉRARD CHAMPAGNE, é.c., Serviteur de Dieu,
Frère Théophanius-Léo, 1985, 48 p.
Pensées de Frère Théophanius-Léo, extraits de « Rendre heureux », 1987.
FRANÇOIS LANOUE; Routier de la joie communautaire, 1992, 332 p.

Repères biographiques :

1871 Le 31 octobre, naissance à Nicolet
1880 Décès de sa mère
1884 Juvénat à Montréal
1887 Noviciat. Il reçoit le nom de «Théophnius-Léo».
1888 Scolasticat
1890 Professeur à St-Jean-d'Iberville
1891 Professeur à Québec, école St-Jean-Baptiste
1898 Sous-directeur au petit-noviciat
1904 Directeur de l'Académie Piché, à Lachine
1906 Décès de son père
1907 Directeur à Montréal, école Ste-Cunégonde
1908 Sous-directeur du noviciat de Maisonneuve
1912 Directeur du noviciat
1923 Visiteur général des maisons de formation
1929 Le 28 avril, sa pieuse mort au Mont De La Salle , Laval-des-Rapides

Prière pour demander la béatification
du serviteur de Dieu, Frère Théophanius-Léo

Dieu éternel et tout-puissant qui avez une prédilection marquée pour les humbles et les petits, acceptez favorablement les prières que nous vous adressions pour la glorification de votre serviteur Théophanius-Léo Chatillon.

Si c'est votre désir et votre plus grande gloire, accordez-nous la faveur que nous sollicitons par son intercession [mentionner l'intention] et daignez hâter le jour où il nous sera permis d'honorer publiquement cet apôtre du Coeur de Jésus et ce grand dévot de la Vierge Marie.

Autorisation de Mgr Paul Grégoire, archevêque de Montréal, N.P. 15/1987

Les personnes qui reçoivent des grâces, faveurs ou guérisons
par l'intercession du Frère Théophanius-Léo sont priées de les
faire connaître à :

Cause de béatification du Frère Théophanius-Léo
300, ch. du Bord-de-l'Eau
Laval, Ste-Dorothée (Québec) H7X 1S9